Sinistralité en décennale sur 2026 : synthèses des baromètres
» Structures : 73 % des désordres liés à l'étanchéité à l'eau
» Fondations : les désordres les plus coûteux du gros oeuvre
» Murs et façades lourdes : l'étanchéité au coeurdes désordres
» ITE : 67 % de défauts d'étanchéité à l'eau
» Carrelage : 54 % des désordres relèvent d'une atteinte à la sécurité
» Revêtements à base de résine : la réception du support engage l'entreprise
» Bois : quatre baromètres dominés par la stabilité et l'étanchéité
» Structure bois : 60 % des sinistres liés à la stabilité
» Charpente bois : plus de 20 000 € pour les défauts de liaison
» Façades bois : plus de la moitié des désordres liés à l'eau
» Menuiseries extérieures : l'étanchéité concentre la majorité des sinistres
» Ce qu'il faut retenir des baromètres SMABTP consultables en 2026
Les baromètres SMABTP consultables en 2026 s'appuient sur plusieurs dizaines de milliers de dossiers analysés avec l'Agence qualité construction. Ces publications montrent que les désordres décennaux se concentrent souvent sur les mêmes points critiques, à savoir l'étanchéité à l'eau, les supports, les interfaces et la stabilité des ouvrages.
Baromètre gros oeuvre SMABTP 2025 sur six familles d'ouvrages
Le dernier baromètre SMABTP diffusé en 2026 sur le gros oeuvre analyse des sinistres observés entre 2016 et 2021. Il couvre les structures, fondations et ouvrages enterrés, murs et façades lourdes, ITE, carrelage et revêtements à base de résine.
Structures : 73 % des désordres liés à l'étanchéité à l'eau
Sur les ouvrages de structure, 73 % des désordres observés relèvent d'un défaut d'étanchéité à l'eau. Les défauts de stabilité arrivent en second, représentant 15 % des désordres.
Les ossatures poteaux-poutres concentrent la majorité des dossiers étudiés et ont affiché un coût moyen de 5 717 €.
Pour les planchers courants et les dallages sur terre-plein la sinistralité aura respectivement coûté 9 440 € et 7 881 € en moyenne.
Les planchers sur vide sanitaire ont été le poste le plus coûteux, avec 15 120 € par dossier.
Les causes techniques diffèrent selon les ouvrages. Les ossatures poteaux-poutres renvoient surtout à des défaillances d'assemblage et de liaisonnement. Les dallages sont davantage liés au compactage du remblai, aux remontées d'humidité et à la qualité de la couche de forme. Les planchers courants présentent généralement des fissurations ou des défauts d'étanchéité entre éléments d'ouvrage.
Fondations : les désordres les plus coûteux du gros oeuvre
Les fondations et ouvrages enterrés concentrent des désordres où la connaissance du sol, la profondeur d'ancrage et la gestion de l'eau sont décisives. Les fiches associées au baromètre montrent que les fondations superficielles sont fortement exposées aux sols argileux ou hétérogènes.
Pour les fondations superficielles, l'incomplétude ou l'absence d'étude de sol représente 54 à 65 % des sinistres recensés. Le coût moyen atteint 51 000 € par sinistre, ce qui en fait l'un des postes les plus sensibles du corpus gros oeuvre.
Les murs de soubassement révèlent une autre famille de risques : liaison soubassement-fondation, drainage absent ou incomplet, remontées capillaires et choix du revêtement extérieur.
Ces désordres apparaissent surtout lorsque les caractéristiques du sol, la circulation de l'eau ou les interfaces avec les parties enterrées ne sont pas suffisamment prises en compte dès la conception.
Murs et façades lourdes : l'étanchéité au coeurdes désordres
Dans cette famille, 75 % des désordres observés relèvent d'un défaut d'étanchéité à l'eau.
Les coûts moyens restent variables selon les supports. Sur la période 2019-2021, ils vont de 4 818 € pour les façades lourdes à base de béton banché à 8 648 € pour les autres éléments de façades, comme les balcons ou loggias.
Les causes récurrentes sont : fissuration, défaut de liaison, adhérence de l'enduit, appuis de menuiseries, remontées capillaires ou jonctions mal protégées. Ce sont donc les interfaces, les joints et les points singuliers qui pèsent fortement dans la sinistralité des murs et façades.
ITE : 67 % de défauts d'étanchéité à l'eau
L'étanchéité à l'eau représente 67 % des désordres observés sur les systèmes d'isolation thermique par l'extérieur (enduits sur isolant, bardages rapportés sur ossature bois ou métal...).
Sur la période 2019-2021, le coût moyen atteint :
- 8 259 € pour les enduits sur isolant
- 11 750 € pour les systèmes fixés mécaniquement
- 5 447 € pour les bardages rapportés
- 13 291 € pour les autres systèmes de type bardage rapporté ou vêture
Avec les systèmes d'enduit sur isolant, le défaut de calfeutrement est particulièrement présent. Les désordres proviennent notamment des jonctions avec les menuiseries, des bavettes, des balcons, des protections en tête d'ITE ou des joints de dilatation.
Carrelage : 54 % des désordres relèvent d'une atteinte à la sécurité
Les atteintes à la sécurité constituent ici la première famille de désordres, avec 54 % des cas observés. Les défauts d'étanchéité à l'eau arrivent ensuite, à 19 %.
Les sols intérieurs concentrent l'essentiel des dossiers. Sur la période 2019-2021, leur coût moyen atteint 10 086 € par dossier. Les désordres sur les sols extérieurs sont moins fréquents, mais plus coûteux, avec un coût moyen de 13 966 €.
Les causes les plus récurrentes concernent l'inadaptation du support, l'absence ou l'insuffisance de joints, les défauts de collage ou de scellement et la protection à l'eau dans les pièces humides. Les désordres du carrelage traduisent souvent un défaut situé en dessous du revêtement : chape, planéité, humidité, ravoirage ou fractionnement.
Revêtements à base de résine : la réception du support engage l'entreprise
Les locaux d'activité représentent la part la plus importante des dossiers étudiés pour des ouvrages de revêtements à base de résine.
Selon ce baromètre, 37 % des désordres observés sont liés à la réception et à la préparation du support. Les produits inadaptés à l'usage comptent pour 13 %. Les autres causes, qui regroupent notamment la mauvaise application, le traitement des points singuliers, le défaut d'entretien ou le contexte d'application, atteignent 50 %.
La répartition par coût montre que 41 % des sinistres se situent entre 10 000 € et 50 000 €. Les dossiers compris entre 50 000 € et 200 000 € représentent encore 14 % des cas. Cette famille d'ouvrages présente donc un risque financier significatif, même lorsque le désordre semble d'abord localisé au support ou à un point singulier.
La fiche pathologie consacrée à la réception de support rappelle que l'application du revêtement vaut acceptation du support en l'état. Le baromètre indique une responsabilité à 100 % de l'entreprise dans 52 % des cas étudiés. La réception du support, la cohésion, la porosité, les fissures et les pentes doivent donc être formalisées avant application.
Bois : quatre baromètres dominés par la stabilité et l'étanchéité
Les baromètres bois publiés par SMABTP et Excellence SMA analysent des sinistres observés entre 2015 et 2020. Ils couvrent quatre familles d'ouvrages : structure bois, charpente bois, façade bois et menuiserie extérieure. Plus de 26 000 dossiers réglés ont été étudiés dans ce périmètre.
Structure bois : 60 % des sinistres liés à la stabilité
Le baromètre consacré à la structure bois distingue principalement les ossatures bois et les planchers bois. Dans cette famille, les défauts de stabilité représentent 60 % des désordres observés. Les défauts d'étanchéité à l'eau arrivent loin derrière, à 18 %, devant les problèmes de sécurité d'utilisation.
Les coûts moyens dépassent ceux observés dans d'autres familles d'ouvrages. Un sinistre touchant l'ossature bois atteint en moyenne 11 380 € par dossier, tandis qu'un sinistre de plancher bois monte à 12 384 €.
Les causes recensées montrent le poids d'un mauvais dimensionnement et le rôle de l'humidité. Les ossatures bois sont exposées aux altérations du matériau et aux défaillances d'assemblage. Les planchers bois affectés présentent des fissurations, des défauts de ventilation ou un pourrissement lié à l'humidité.
Charpente bois : plus de 20 000 € pour les défauts de liaison
Le baromètre consacré à la structure charpente bois couvre les charpentes traditionnelles, les fermettes légères et les charpentes en lamellé-collé. La stabilité est associée à 70 % des désordres observés, contre 10 % pour les défauts d'étanchéité à l'eau.
Le coût moyen d'un sinistre de charpente bois est de 12 389 €. Ce coût varie selon le type d'ouvrage : 12 131 € pour la charpente traditionnelle, 13 860 € pour la fermette légère et 18 372 € pour la charpente en lamellé-collé.
En charpente traditionnelle bois massif, les erreurs de dimensionnement atteignent 19 490 € par dossier et 20 683 € pour les défauts de liaison charpente-gros œuvre. Ces montants dépassent largement les coûts observés pour les défauts de traitement du bois ou les défauts d'assemblage.
Façades bois : plus de la moitié des désordres liés à l'eau
Le baromètre consacré aux façades bois porte sur les façades légères en bois et les bardages sur ossature. Les défauts d'étanchéité à l'eau concentrent 58 % des désordres observés.
Le coût moyen atteint 13 723 € par dossier pour les façades légères en bois, un niveau supérieur au coût moyen relevé pour les autres façades légères étudiées par le baromètre. La façade bois apparaît donc comme un poste moins fréquent que d'autres ouvrages, mais financièrement sensible lorsqu'un sinistre survient.
Les désordres proviennent surtout des interfaces et des conditions de mise en œuvre : pare-pluie discontinu, défaut de jonction avec les menuiseries, protection insuffisante en tête, infiltration dans les murs à ossature bois ou défaut de traitement des points singuliers.
Les fiches pathologie associées montrent aussi que les lames de bardage peuvent se désolidariser ou gondoler lorsque l'humidité de mise en œuvre, les jeux de compensation ou la ventilation de la lame d'air ne sont pas maîtrisés.
Menuiseries extérieures : l'étanchéité concentre la majorité des sinistres
Le baromètre consacré à la menuiserie extérieure porte sur les menuiseries bois et les menuiseries mixtes bois-aluminium. Dans cette famille, le défaut d'étanchéité à l'eau est à l'origine de 62 % des sinistres indemnisés sur les menuiseries bois. Cette part atteint 74 % pour les menuiseries mixtes bois-aluminium.
Les coûts moyens restent plus modérés que pour les structures ou les façades bois, mais ils demeurent significatifs. Le coût moyen atteint 6 603 € pour les menuiseries bois et 6 226 € pour les menuiseries mixtes bois-aluminium. Sur le chantier, ces désordres peuvent générer des reprises sur les supports, les doublages ou les finitions intérieures.
Les causes relevées concernent les défauts d'étanchéité propres à la menuiserie, les défauts de liaison avec la structure ou le gros œuvre, les défauts de conception et de fabrication, ainsi que les problèmes de drainage.
Les fiches pathologie associées détaillent notamment les fuites en sous-face de seuil et les fuites par débord sur seuil de porte. Elles rappellent l'importance de la garde à l'eau, de la pente de l'appui, de la continuité du calfeutrement et de l'entretien des systèmes de drainage.
Ce qu'il faut retenir des baromètres SMABTP consultables en 2026
Les baromètres SMABTP disponibles en 2026 montrent que les sinistres décennaux remontent souvent aux mêmes causes : support mal identifié, interface non traitée, humidité sous-estimée, assemblage insuffisant, pente absente ou défaut de calfeutrement.
Pour les entreprises du BTP, ces données offrent une grille de lecture utile avant de commencer un chantier. Elles rappellent l'importance des études préalables, de la réception des supports, des notes de calcul, des plans d'exécution et de la traçabilité des contrôles réalisés.
Les chiffres révèlent aussi que les sinistres les plus fréquents ne sont pas toujours les plus coûteux. Un désordre ponctuel sur une menuiserie peut rester limité, tandis qu'un défaut de fondation, de dallage, de charpente ou d'interface avec le gros œuvre peut entraîner des reprises lourdes.
Or, un assureur évalue une activité à partir du métier déclaré, des techniques employées, des ouvrages réalisés et du niveau de maîtrise du risque. Une entreprise capable de documenter ses pratiques, ses qualifications et ses contrôles présente un dossier plus favorable.
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